Faisons le choix du mouvement

11 novembre 2009

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Parce que la politique doit être au service de nos rêves et de nos idéaux, nous, jeunes socialistes, estimons que le socialisme est plus que jamais un combat d’avenir.

L’Egalité au service de l’émancipation

Notre vision de la justice sociale s’incarne au travers d’une conception exigeante de l’égalité. C’est à la société de garantir l’autonomie à chacun. Elle implique une juste répartition des richesses qui suppose un système alternatif au capitalisme.

Partage des richesses

  • Augmenter les salaires
  • Réduire les inégalités de revenus (écart de 1 à 7 maximum)
  • Refonte du système fiscal pour un grand impôt fortement redistributif
  • Taxer le patrimoine et les héritages

Partage du temps de travail, pour une société du temps libéré

  • 32h et semaine de 4 jours
  • Développer les loisirs, l’accès à la culture, au sport, aux mouvements d’éducations populaires pour permettre à chacun de jouir de son temps libre

Les jeunes à la conquête de leur autonomie

  • Permettre à tous d’obtenir une qualification
  • L’école un lieu de formation citoyenne et d’épanouissement
  • Instauration d’un statut social des jeunes en formation et insertion
  • Pour une allocation d’autonomie universelle et individualisée

Un autre modèle de développement : le socialisme démocratique

Pour une 6e République

  • Laïque, Sociale, Fraternelle
  • Démocratique, parlementaire et primo ministérielle
  • Interdiction du cumul des mandats

Révolution écologique et Planification écologique

  • Décarboner notre économie
  • Favoriser la relocalisation des industries
  • Lutter contre le dumping environnemental et social (tarif extérieur commun)
  • Sortir de la société du tout consommation
  • Rembourser la dette climatique envers les suds
  • Mise en place d’un pôle public européen de l’énergie

Imposer la démocratie dans l’entreprise

  • Développer les coopératives
  • Garantir la présence des salariés dans les CA

Européen, Internationaliste et altermondialiste

Une autre Europe

  • Politique sociale, écologique et fédérale
  • Donner au seul Parlement européen le pouvoir législatif
  • Harmonisation par le haut des normes sociales et environnementales

Un autre monde

  • Universalisation des droits politiques, sociaux et environnementaux
  • Transformation radicale du FMI, de l’OMC, de la Banque mondiale régie par un impératif démocratique sous l’égide de l’ONU

La conquête des pouvoirs

Faire l’Union de la Gauche

  • Une fédération des organisations de gauche autour d’un projet de société commun
  • Réunir toute la gauche : syndicale, associatif, mouvement éducation populaire, mutualiste, associative et citoyenne
  • Faire des primaires un outil de prise de pouvoir du peuple de gauche
  • Construire le projet commun de la jeune gauche pour janvier 2011

Un nouveau MJS pour ouvrir l’horizon

  • Une nouvelle politique d’adhésion
  • Développer des réseaux militants
  • Parler à tous les jeunes, accueillir toute la jeunesse

Un MJS à l’offensive

  • Faire vivre l’autonomie : être pertinent et impertinent envers nos aînés
  • Résister c’est créer : s’ancrer dans le mouvement social, porter toutes les luttes et adapter nos modalités d’actions
  • Communication et formation : faire pénétrer par tous les supports nos idées dans la société

Le choix du mouvement

Par Laurianne Deniaud

Le texte que nous proposons au vote des adhérents est le fruit d’une réflexion menée avec l’ensemble des fédérations depuis plusieurs mois autour de quelques questions simples : quel projet de société pour les jeunes en 2012 ; quelle organisation pour permettre la victoire de la gauche et de nos valeurs.

La gauche n’a pas perdu les élections parce qu’elle n’était pas crédible, mauvaise gestionnaire ou parce qu’elle ne convainquait pas sur telle ou telle proposition. Elle a avant tout perdu car elle était en incapacité de faire sens avec son projet.

C’est donc un autre modèle de développement dont nous avons dessiné l’esquisse, qui doit être l’introduction à deux années de réflexion nous conduisant à l’union de la jeune gauche autour d’un projet de société.

Pendant deux ans, le MJS sera une organisation en mouvement, un lieu de formation, de résistance et de création. Un mouvement qui accueille tous les jeunes, qui parle à tous qu’ils soient étudiants, lycéens, jeunes salariés qu’ils habitent les zones rurales, les centres villes ou leur périphérie. Notre ambition est claire : construire une organisation qui permettra la prise de pouvoir du peuple de gauche lors des primaires et en 2012.

C’est pour réaliser collectivement ce projet, que nous t’invitons, toi aussi à faire le choix du mouvement.

En 2009, alors que partout règne division, défaitisme, dispersion e pessimisme, nous devons prendre nos responsabilités en devenant les acteurs de l’histoire. Nous, jeunes socialistes, faisons le choix de l’action, du rassemblement, de la responsabilité, du renouveau, de la victoire. En un mot, le choix du mouvement.

Assemblées Générales de présentation et de vote des motions

7 novembre 2009

Retrouve les dates des Assemblées Générales de présentation et de vote des motion sur l’agenda site internet du www.mjs67.org

Pour rappel, le samedi 7 novembre 2009, une Assemblée Générale de présentation et de vote des motions a lieu de 14h00 à 19h00 à la fédération socialiste du Bas-Rhin (8, rue Saint-Erhard – Tram A/E arrêt Schluthfeld). Le débat sur les motions a lieu de 14h à 15h30 et le bureau de vote est ouvert de 14h00 à 19h00.
Le jeudi 12 novembre, le MJS67 organise une Assemblée Générale de vote des motions de 16h00 à 23h00 à la fédération socialiste.
Le samedi 14 novembre, une troisième Assemblée Générale de vote est organisée de 13h00 à 19h00 à la fédération socialiste.

Tu peux télécharger la motion 1 – Le choix du mouvement, un nouveau MJS pour de nouveaux combats en cliquant ici.

Laurianne Deniaud présente la motion « Le choix du mouvement »

31 octobre 2009

Laurianne Deniaud présente la motion « Le choix du mouvement : un nouveau MJS pour de nouveaux combats ».

http://www.transformeragauche.fr/

La jeunesse : des citoyens à la conquête de leur autonomie

30 octobre 2009

La jeunesse : des citoyens à la conquête de leur autonomie

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La jeunesse est aujourd’hui devenue une période de la vie à part entière. Ce n’est plus seulement un moment de transition entre l’enfance, l’école d’une part et la vie active d’autre part, où l’on serait forcément autonome. La jeunesse est devenue un temps long, un temps d’essais, d’expériences, d’apprentissage, de réussite ou d’échecs. Bref, en théorie, l’âge des possibles qui ressemble plus aujourd’hui à un temps d’incertitudes où l’espoir n’est plus de mise. La jeunesse n’est pas un tout uniforme, en rien une classe sociale, elle est un temps où chaque jeune, quelles que soient ses origines et sa condition fait face aux même problématiques ; un déterminant pour chaque jeune en ce sens qu’il détermine grandement quel sera son avenir. Ce sont ces traits communs caractéristiques à notre génération qui fait que la situation de la jeunesse doit être traitée de façon spécifique.

Jeunes travailleurs, chômeurs, étudiants ou encore lycéens… La situation des jeunes n’est pas uniforme pourtant ils se retrouvent dans une aspiration commune à l’autonomie. Notre génération est celle qui vit moins bien que celle de ses parents : un système scolaire non plus moteur de l’ascenseur social républicain mais qui au contraire reproduit les inégalités, des premiers emplois qui sont souvent précaires, dotés de salaires inférieurs à la moyenne…

Etre autonome signifie pouvoir accéder à un logement décent et indépendant de ses parents, ne pas choisir entre étudier, se loger ou se soigner, ne pas avoir seulement accès aux stages, CDD et intérim à cause de son âge… Etre autonome signifie ne pas être soumis à la loi inique de la reproduction sociale. Etre autonome signifie pouvoir faire ses choix de vie dans la dignité.

L’autonomie par l’éducation

Un collège unique contre la reproduction sociale

A 18 ans, près de 3 enfants d’ouvriers sur 10 contre 5% des enfants de cadre ont arrêté leurs études. Alors que le diplôme reste une des meilleures protections contre le chômage, nous ne pouvons admettre que des jeunes soient orientés en fonction de la position sociale de leurs parents. Un des préalables de l’autonomie est de lutter contre la fatalité sociale dès le plus jeune âge. A chaque étape du système éducatif, il faut pouvoir assurer la possibilité à chaque élève de faire ses choix en fonction de ses envies, de ses projets et non de facteurs financiers ou soi-disant scolaires. Le collège unique doit être une véritable norme. Nous refusons tout procédé d’orientation précoce. Le collège et le primaire doivent former la base de la formation commune à tous.

La lutte contre l’échec scolaire ne passe pas par des créations de classes spécifiques qui séparent trop tôt les « mauvais » des « bons » élèves. Les dispositifs tels que les RASED doivent être remis en place et élargis. Il faut garder comme objectif fondamental de donner la meilleure éducation à chacun sans créer de ségrégation entre les élèves. En revanche, la remédiation de l’échec scolaire doit passer par la formation des enseignants à la pédagogie différenciée, par la création d’un tutorat des élèves par des enseignants référents, et par la création de « paliers de remédiation » pour, comme en Finlande, permettre aux élèves en échec de rattraper leurs lacunes avant de passer à l’étape suivante. Surtout il faut accompagner les enfants dans leur globalité en garantissant à tous, quand nécessaire, l’accompagnement par des psychologues, orthophonistes, tout comme l’accompagnement à la parentalité. De plus, tout le système éducatif doit devenir plus valorisant pour les élèves : suppression des notes, valorisation des acquis et évaluation formative doivent se généraliser.

En finir avec l’orientation subie

Le processus d’orientation doit être renforcé non seulement par la présence de conseillers à temps plein dans les établissements, mais aussi par un dispositif d’orientation du collège au lycée permettant à tous les élèves d’élaborer pas à pas leur projet professionnel : forums des métiers, formation des professeurs principaux à l’orientation professionnelle et initiation aux matières technologiques et professionnelles. La mixité sociale est une condition pour aller vers plus d’égalité : la carte scolaire doit être remise en place à travers des bassins complémentaires d’établissements favorisant la mixité urbaine et rurale.

L’orientation vers la voie technologique et professionnelle doit devenir positive à travers la création de lycées des métiers qui regroupent les formations professionnelles du CAP à la licence professionnelle pour ouvrir aux élèves des formations universitaires courtes voire longues dans ces domaines. La sortie des études doit être organisée par les lycées des métiers et les élèves suivis pendant deux ans. De la même manière, voies technologiques et générales du lycée doivent être fusionnées dans un système plus souple de « parcours » pour sortir d’un système de filières très largement empreintes de reproduction sociale. Afin de ne bloquer aucun élève dans une filière, les passerelles entre formations doivent être possibles à chaque étape de sa formation, dans tous les sens, sur tout le territoire, sans limitation de places. La lutte contre les discriminations doit avoir sa place dans l’orientation : mettre fin à l’autocensure culturelle tout comme à l’orientation sexuée.

Démocratiser l’enseignement supérieur

Les universités françaises n’accueillent que 11 % d’enfants d’ouvriers contre 30 % de cadres supérieurs. L’écart se creuse encore davantage en 3ème cycle de l’enseignement supérieur. La réalité étudiante est loin d’être reluisante : les étudiants qui travaillent pour financer leurs études ont moins de chance de réussir, tandis que 7% des étudiants seulement ont accès à des logements sociaux étudiants (CROUS). Trop de filières sont laissées en pâture à des écoles privées, excluant de tel ou tel secteurs (ex. culture, communication, etc.) les élèves dont les parents ne peuvent pas financer les études. Avoir un diplôme universitaire peut relever du parcours du combattant quand près de 50 % des étudiants ont une activité salariée régulière pour financer leurs études (80 % en été)! Encore une fois, venir de la « bonne ou mauvaise » famille est déterminant. La démocratisation reste un défi majeur pour notre avenir.

Pour un jeune, être autonome, c’est construire son projet professionnel. C’est aussi se loger, se soigner, étudier, se déplacer, vivre son intimité. Afin de garantir à chaque jeune le droit au plus haut niveau d’éducation et de qualification, il est urgent d’instaurer un véritable statut social pour les individus en formation initiale et en insertion, statut qui protège chacun de la sortie de l’enseignement secondaire à l’entrée sur le marché du travail et qui permette de se consacrer à plein temps à sa formation grâce à un volet financier, l’allocation d’autonomie.

Créer des dispositifs pour accéder aux études, aux soins et au logement

Cette autonomie passe notamment par une allocation autonomie universelle et individualisée en fonction de la situation propre de chaque jeune. La solidarité nationale doit donc aider financièrement chaque jeune et lui apporter un suivi personnalisé lui permettant de construire son propre parcours. L’accès à la santé doit être favorisé par une couverture mutuelle universelle « jeunes » permettant à tous les jeunes en formation et en insertion de se payer une mutuelle.

Un logement pour tous: logements petits voire insalubres, longue recherche, difficultés pour trouver une caution ou payer des charges toujours plus lourdes sont le quotidien des jeunes. 40% habitent encore chez leurs parents : Un plan pluri-annuel de construction de logements destinés et d’aménagement de logements délaissés en centre-ville doivent permettre de loger la majorité des jeunes en formation et en insertion. Le droit opposable au logement ne doit pas être un gadget juridique, l’Etat doit fournir cet outil d’émancipation pour les jeunes : garantie et cautionnement solidaire accessible à tous les jeunes en formation et à tous les jeunes travailleurs aux revenus encore très moyens, tandis que l’encadrement et modération des loyers doivent être assurés par des dispositifs fiscaux et légaux, et l’aide au logement revalorisée.

L’emploi émancipateur : sortir la jeunesse de la précarité.

Organiser l’insertion professionnelle des jeunes

Les péripéties du monde du travail font suite à celle du système éducatif: taux de chômage et part des emplois précaires élevés, salaires faibles compte tenu du niveau de diplôme… Loin d’être facteur d’émancipation, le marché du travail n’offre qu’une succession de situations précaires. La jeunesse est face à l’ampleur du phénomène de déclassement social : les emplois ne correspondent plus aux diplômes obtenus. Le niveau et les conditions de travail des jeunes sont aussi très sensibles à la conjoncture économique : nouveaux entrants sur le marché, moins expérimentés, ils en subissent les premiers ses bouleversements. En temps de crise, les jeunes sont donc dans les premières victimes du chômage et de la précarité. Le travail perd alors son rôle de levier pour accéder à une vie matérielle, sociale et intellectuelle décente mais continue à être un des principaux facteurs d’exclusion.

Surtout, les conditions d’emploi à l’entrée sur le marché du travail déterminent en grande partie la qualité de l’emploi des salariés pour le reste de leur vie. Selon qu’on obtienne ou non un emploi stable, correspondant à sa qualification… les postes occupés, les salaires ou traitements versés, la durée des périodes de chômage et leur indemnisations, le montant des retraites… ne sont plus les mêmes. S’occuper de l’emploi des jeunes, c’est agir concrètement pour l’ensemble des salariés !

Etre jeune ne peut plus être synonyme de galère. Nous ne pouvons accepter l’enchaînement de petits boulots qui obligent les jeunes à retarder leur projet dans l’espoir d’un CDI… Le système d’insertion sur le marché du travail doit être repensé : les jeunes sortant du système scolaire sans qualification doivent pouvoir bénéficier d’une « allocation-rebond » leur permettant d’accéder à un suivi personnalisé, de retourner à l’université ou d’accéder à la formation de leur choix. Les jeunes chômeurs doivent avoir un traitement proportionnel à la grande instabilité de leur statut : un suivi régulier et renforcé par les missions locales d’insertion qui coordonneraient l’ensemble des dispositifs d’insertion professionnelle organisés par les collectivités territoriales et l’Etat. Les jeunes dans l’entreprise doivent pouvoir bénéficier d’une formation particulière pour accroître leur expérience par des parrainages entre employés expérimentés et nouveaux recrutés pour que les générations s’associent au lieu d’être montées les unes contre les autres, à travers l’allongement des durées de cotisation-retraite. Enfin pour que le travail ne soit plus facteur d’exclusion et de dépendance, le CDI doit être la norme.

Les objectifs de la gauche doivent être réaffirmés : 100% d’une classe d’âge avec une qualification reconnue, 80% au bac! Aujourd’hui, trop de jeunes sont laissés au bord du chemin : 150 000 jeunes sortent du système scolaire sans aucune qualification et 150 000 autres bénéficient seulement d’un CAP ou d’un BEP. Les apprentis d’un côté, qui étudient au sein d’établissements semi-privés sans dispositifs d’aide sociale, sont condamnés à rester chez leurs parents. Ils ont leur place au sein du lycée des métiers. Les jeunes travailleurs précaires d’un autre côté, condamnés aux CDD et interims à répétition, ne doivent pas être oubliés. Les élèves déscolarisés doivent bénéficier de suivis individualisés pour retrouver la formation et l’emploi.

L’autonomie des jeunes est une lutte de haute volée. Il faut la gagner aussi bien dans les faits que dans les esprits. Oui être jeune ne veut pas dire être sous la coupe familiale, oui être jeune ne veut pas dire dépendre d’une situation financière pour se soigner, se loger ou se nourrir. Oui être jeune ne veut pas dire être la marionnette du jeu des marchés économiques. Etre jeune, c’est être autonome pour être maître de son avenir.

Pour une société du temps libéré et émancipateur

28 octobre 2009

Pour une société du temps libéré et émancipateur

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« On ne nait pas citoyen, on le devient », clamait Leo Lagrange, ministre du front populaire. Permettre aux Hommes et aux Femmes de maîtriser leur destin passe par des politiques éducatives et du temps libéré, c’est autour de ces deux thématiques que la démocratie s’est construite, que la citoyenneté est initiée et exercée ! Nous sommes en pleine crise, une crise à la fois économique, sociale et environnementale ; mais aussi une crise de sens, de représentations : n’ayant plus de projets collectifs mobilisateurs, chacun se réfugie dans une identité particulière, religieuse, communautaire ou régionale…

Les grands progrès de l’Histoire, de la Révolution française à mai 68, de 1848 au Front populaire, ont été permis par la mobilisation des classes populaires, à travers le passage de la « classe en soi » à la « classe pour soi », selon les mots de Marx. L’affirmation de cette conscience citoyenne a toujours renforcé la volonté des classes laborieuses de conquérir le champ des savoirs pour être mieux à même de décider dans la société. Pour cela, l’éducation populaire a notamment permis d’armer les consciences. Les clubs et les journaux durant la Révolution, les bibliothèques d’ouvriers et les associations d’éducation populaires ont ainsi permis de former des citoyens avides de construire un monde nouveau, plus juste et plus solidaire.

Cette réflexion pose évidemment la question de la place du travail dans la société. Mais il s’agit aussi une réflexion sociale sur la démocratisation du temps choisi.

Pour une société du temps libéré

Acquis de hautes luttes, le temps libre est aujourd’hui le principal temps de notre vie éveillée. Le temps libre des français a été multiplié par quatre en un siècle. Alors qu‘un ouvrier du XIX eme siècle travaillait pour 70% de son temps de vie hors sommeil, nous consacrons aujourd’hui 16% de notre temps de vie éveillé au travail.

Le socialisme s’est toujours intéressé à l’organisation du temps libéré, comme symbole de l’émancipation de l’homme, libéré du travail aliénant, cherchant à maitriser son temps. La gauche a notamment été à l’initiative de l’ organisation des loisirs et des sports par le sous-secrétaire d’état Léo Lagrange, la création des congés payés par Léon Blum, la création de la fédération léo lagrange par Pierre Mauroy, la création du ministère du temps libre et réduction du temps de travail en 1981…
La réduction du temps de travail à 35 h en 1998 a marqué un nouveau tournant dans la conquête du temps libéré. Malgré l’avancée historique que consistait cette réforme, pour la première fois, la réduction du temps de travail est face à de nombreuses critiques de la part des classes populaires, la gauche n’ayant pas su concilier réduction du temps de travail et augmentation des salaires, malgré une croissance soutenue ; les salariés ont vu ainsi leurs salaires gelés sur plusieurs années et n’ont pas eu les ressources pour profiter de leur temps libre. Néanmoins, il ne faut pas réduire les inégalités d’accès au temps libre à la seule dimension financière : « l individu qui est maitre de son temps ne peut en profiter que s’il a fait d’études pour avoir une multiplicité de désirs d’utilisation de ce temps » (Jean Viard).

Fier de notre histoire, conscient des enjeux du 21ème siècle, nous nous inscrivons dans cette démarche de civilisation construite par les socialistes. En France, 19 millions de personnes travaillent à temps plein, 4 millions sont chômeurs et 3 millions à temps partiel. Aujourd’hui, le individus sont inégaux face au temps de travail entre ceux qui font des études courtes et longues, entre ceux qui ont un CDI et ceux qui sont en temps partiel, entre le temps de travail des femmes et le temps de travail des hommes, entre ceux qui ont une espérance de vie longue une fois à la retraite et ceux qui en ont une courte. C’est à une rédéfinition globale du temps de travail dans la société que nous devons mener : qui passe notamment par les 32H entendu comme la semaine de 4 jours, tout comme par la prise en compte de la pénibilité dans l’âge de départ à la retraite que nous accompagnons d’un projet politique du temps libre.

Pour un temps libre émancipateur

Si historiquement, le temps libéré s’analyse d’abord dans son rapport au travail, depuis plus de 100 ans, de nombreux acteurs de l’éducation populaire se sont donné comme mission de valoriser «ce temps libéré au travail».

Depuis plusieurs décennies, la problématique du temps libéré a évolué. « La liberté » ne se pose plus simplement par rapport à la subordination liée au travail mais également par la subordination des esprits. En effet, notre temps libre suscite l’intérêt, et est désormais identifié comme une source de profits potentiels. Plus que du temps disponible pour notre émancipation et épanouissement, il tend à devenir du temps disponible à des fins commerciales, source de nouvelles inégalités sociales.

Des lors une question s’impose à la famille socialiste : Comment faire du temps libéré un temps d’épanouissement et d’émancipation ? Comment faire du temps libre un temps constructif pour la démocratie permettant à chacun d’appréhender les clefs du monde qui l’entoure pour devenir acteur ?

Alors que le libéralisme domine la société et impose le chacun pour soi et le consumérisme, en vidant la citoyenneté de son contenu social, nous devons réaffirmer les valeurs républicaines qui garantissent droits sociaux, culturels, intellectuels. Alors que les inégalités se creusent dans une société broyée par le libéralisme, l’éducation populaire c’est à dire c’est un projet d’éducation permanente, au service de l’émancipation et de l’accès au savoir et à la culture, définie par Condorcet au début de la révolution française pour favoriser l’égalité politique et l’exercice de la démocratie doit demeurer une clé d’émancipation et de progrès social.

Cette société que nous dessinons a pour maître mot l’émancipation, et l’épanouissement, de femmes et d’hommes qui, à travers un système éducatif formel ou non-formel qui les rend plus libres, s’approprient le monde, s’impliquent dans la démocratie, et s’initient à toutes les pratiques culturelles et sportives qui épanouissent le corps et l’esprit. La question n’est pas de choisir entre travail et loisirs mais bien de maitriser son temps et son destin, à travers des valeurs universelles telles que l’égalité et la liberté.

Choisir le candidat de toute la gauche, fédérer la gauche

25 octobre 2009

Choisir le candidat de toute la gauche, fédérer la gauche

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La question de l’organisation de primaires ouvertes à toute la gauche et à tous les citoyens pour désigner un candidat à l’élection présidentielle de 2012 doit se poser dans toutes ces dimensions : politiques, intérêts électoraux, recomposition de la gauche.
Notre objectif principal est simple : prendre le pouvoir au niveau national lors des échéances de 2012 pour transformer la société. Partout en Europe, cet objectif est loin d’être rempli par les partis sociaux-démocrates européens, qui enchainent défaites sur défaites.

Une gauche sclérosée, atone, meurtrie par la personnification qui va droit à sa perte

La gauche française et le parti socialiste en particulier est profondément handicapé par les divisions et le refus de tirer les conséquences de nos échecs passés, ainsi que par le piège de la Ve République.

Une gauche divisée et gestionnaire

Depuis au moins 2002 la compétition entre les différents partis de gauche les a conduits à mener leur action politique, en particulier en période de campagne électorale, les uns contre les autres. Paradoxalement, les campagnes se font sur les différences entre les partis de gauche et par conséquent il n’y a pas de dynamique collective pour mettre en avant ce qui fait l’identité commune de la gauche : la promotion des services publics, la question salariale, la mise en œuvre d’un modèle de développement respectueux de l’homme et donc de l’écologie. La gauche, au lieu de faire entendre son aspiration commune à une société libre et égale, s’entre-déchire sur la manière d’y parvenir en multipliant les procès d’intentions.

Effet secondaire : la division de la gauche incite le PS à s’afficher comme un parti de gestion des affaires courantes qui se complait dans la seule gestion des collectivités territoriales. Le Parti Socialiste ne semble pas comprendre le refus des citoyens de voter pour lui malgré sa bonne gestion, notamment de la fiscalité locale : modération de l’impôt et de l’endettement.

Enfin, l’ex-gauche plurielle souffre encore de l’absence de droit d’inventaire de son bilan. La seule critique qui en a été faite est celles des 35 heures : non pas tant pour contester l’annualisation du temps de travail ce qui est nécessaire, qu’afin de tenter de discréditer le principe des 35 H en soi. À l’inverse, sur la question des services publics, des privatisations, de l’Union Européenne, de la baisse de l’impôt sur le revenu, l’absence d’analyse critique, voire la reconnaissance de ses erreurs, fait que la gauche est inaudible et incapable d’incarner l’alternative.

Le Piège de la Ve République

La culture et la nature de la gauche c’est le parlementarisme. Ce n’est pas et ne sera jamais la désignation une fois tous les cinq ans d’un homme, d’une femme présidentiel(le) assorti du gouvernement et du parlement qui va avec. L’organisation du principal temps démocratique de notre pays autour de la désignation du président de la République et en amont de la désignation du candidat est en soi un piège tendu à toute la gauche : sous prétexte de chercher le meilleur moyen de gagner ; certains, guidés par les médias, proposent de remplacer une offre politique de gauche par un débat sur le meilleur ou la meilleur pour l’emporter.

Les primaires que nous ne voulons pas…

C’est la conversion de la gauche à l’ « homme providentiel », que certains essaient de nous vendre à l’occasion de la désignation du candidat de la gauche, en singeant au passage la primaire américaine au sein des partis démocrates et républicains ,dont aucun ne se revendique ni de la gauche ni du socialisme. Nous aurons droit à tout : le renouvellement, la diversité, l’expérience, le réalisme, la vision, et autant de clichés propres à faire vendre du papier glacé pour des candidats dont le fond politique est le plus souvent commun et sensiblement identique à celui qui entraine la gauche dans la défaite depuis de nombreuses années.

Surtout, ce type de primaire, où la question du « leadership » est placée devant toute autre en dépit de toute dynamique politique ; serait génératrice de division en interne du parti socialiste. La participation du peuple de gauche, dans ce cas, ne servirait qu’à associer aux divisions du parti un cercle plus large que les militants habituels. Enfin ces primaires n’offriraient aucune garantie de dynamique politique : si un candidat « de centre-gauche » emportait la primaire, qu’est-ce qui inciterait l’électeur socialiste à voter pour lui plutôt que pour le candidat d’un autre parti ?

Notre stratégie : une dynamique d’union de la gauche, des candidats de toute la gauche.

Un processus politique de rassemblement et de mise en dynamique des forces et du peuple de gauche et qui comprend le mode de désignation à la présidentielle. Le défi pour la gauche : rester elle-même, battre la droite dans les institutions de la Ve république, et transformer la société.
La solution : que la gauche organise en son sein le parlementarisme et le pluralisme que les institutions ne proposent pas.

Débattre avec les partis de gauche

La dynamique d’union de la gauche doit être assez forte pour durer pendant l’exercice du pouvoir par un gouvernement d’union de la Gauche, avec la mise en place d’ « Etats généraux » destinés à débattre du fond politique, en vue d’une constitution d’une fédération des organisations de gauche, liée à un préalable : un « programme commun » de la gauche. Former un rassemblement à gauche autour d’un projet politique commun, rassemblant toutes les forces de gauche, sans préalable ni exclusive, dans le respect des différences des uns et des autres, et permettant à chacun de porter durablement ses exigences dans la concertation commune.
Ce rassemblement doit s’opérer sans oublier tous ceux qui ne sont pas dans les cercles de la gauche politique mais qui aspirent tout de même au changement profond et radical de notre société.
C’est par le débat sur les grands thèmes identitaires de la gauche que nous serons le mieux à même de définir les convergences et d’opérer le rassemblement, entre autres :

  • Emploi, rémunération et redistribution
  • Services Publics et Sécurités sociales
  • Mondialisation, libre-échange et Europe
  • Planification écologique et autre modèle de développement
  • Société du temps libéré, éducation, culture
  • Justice et libertés publiques

Tracer la base d’un accord de programme législatif et gouvernemental commun sur ces questions ; cet accord crée la base d’une politique alternative de la gauche à la politique menée par la droite. Prendre acte des désaccords, différences, nuances et spécificités de chacun.

Les primaires : une démarche d’union de la gauche

Ce processus permettra, soit d’aboutir à des primaires à la suite de la constitution d’une Fédération de la gauche, soit d’être une étape primordiale vers la constitution d’une Fédération de la gauche. Nous devons tout mettre en œuvre pour faire réussir ce processus mais ne pas d’imposer de préalable qui donnerait trop de pouvoir à ceux qui, par intérêt, pourraient la rejeter.

La gauche pour reconquérir le pouvoir afin de transformer la société doit renouer avec toutes ses composantes et donner la place à un intense débat permettant à toutes les idées de gauche de nourrir et de conquérir l’espace public. Nous faisons le pari que des primaires de toute la gauche sont une des étapes indispensables pour dynamiser la gauche, choisir un candidat commun dès le premier tour, adopter un programme commun de gouvernement ainsi que des candidats communs lors des législatives. C’est pour nous une étape nécessaire pour aller vers une fédération des partis de gauche qui aura plus de chance d’aboutir lors d’un processus intégrant tout le peuple de gauche que par un accord d’appareils. Toutefois, afin que chaque composante de la gauche puisse se retrouver dans un tel processus, nous devons militer fortement pour, en préalable à la primaire, définir un grand projet de société commun à toute la gauche et adopter une charte de valeur commune que chaque candidat et électeur devra signer.

Les primaires : une démarche de conquête et de prise de pouvoirs du peuple de gauche

Le choix des primaires doit-être le moment où la gauche renoue avec sa nature profonde. Une gauche qui croit profondément dans l’intelligence des citoyens pour faire le meilleur choix. Une gauche qui considère qu’il n’y a pas de République, ni de véritable transformation sociale, si le peuple n’investit pas la démocratie.

Le rôle du MJS sera d’organiser la participation citoyenne, notamment de tous ceux qui sont traditionnellement exclus du champ politique. Ce sera aussi imposer les thèmes qui nous sont chers dans le débat des primaires. Faire que par notre nombre dans les débats et notre capacité à amener des jeunes participer à ce processus nos idées se retrouvent obligatoirement reprises par les candidats.

Le débat entre candidats de gauche permettra pendant de long mois de se focaliser sur les idées de la gauche, sur les meilleures propositions de la gauche, sur l’idéal de société vers lequel la gauche souhaite tendre. Faire que le débat pendant six mois se focalise sur ce qu’est la gauche et non sa simple opposition au Président sortant fait partie intégrante de la bataille culturelle en permettant aux idées de gauche d’avoir un espace médiatique – et ainsi d’imprégner la société – qu’elles n’ont pas jusque-là.

L’intérêt de primaire est aussi stratégique. Le premier intérêt sera de modifier en profondeur la perception des citoyens sur l’état de la gauche. Cela permet de mobiliser notre électorat avant même le début de la campagne présidentielle. Les primaires permettent d’établir un fichier de trois à six millions de citoyens de gauche. Ces citoyens seront la force militante de cette élection que les militants traditionnels auront à organiser. Ces citoyens seront aussi un formidable relais auprès de leurs proches pour convaincre dans le cadre d’une campagne de proximité et même familiale de l’importance du vote à gauche. Un fichier Internet de trois à cinq millions d’adresses sera un outil précieux pour faire circuler bien au-delà du cercle restreint des adhérents des partis politiques. Enfin, ce fichier servira à lever des fonds pour l’élection présidentielle mais aussi pour les élections législatives.

Les primaires peuvent être la conclusion d’un processus d’union de la gauche, tout comme une étape indispensable à sa réalisation. Dans les deux cas, c’est à nous de leur donner un sens politique. Les primaires c’est être exemplaire en faisant de la gauche un outil de prise de pouvoir du peuple, c’est mener la bataille culturelle en gagnant dans les têtes pour gagner dans les urnes. Enfin, c’est rappeler cet impératif absolu : celui qui sait qu’il n’y a pas de victoire possible de la gauche sans son unité ne doit s’épargner aucun effort pour y aboutir.


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